Ces Allemands 
qui disent «nein» au Grexit

Toute la direction du syndicat DGB est vent debout contre une exclusion d’Athènes à laquelle Angela Merkel donne ostensiblement des signes de ralliement. Appel solennel de Die Linke.

Reiner Hoffmann, le président de la confédération des syndicats allemands (DGB), n’hésite pas à monter une nouvelle fois au créneau face au risque d’exclusion d’Athènes de la zone euro. Cette «option», défendue outre-Rhin jusqu’alors surtout par le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, semble être devenue la ligne du gouvernement Merkel qui martèle depuis dimanche que les conditions ne «seraient pas réunies» pour conclure positivement une négociation avec les autorités grecques. «Les derniers ponts sont coupés», a surenchéri Sigmar Gabriel, président du SPD et ministre de l’Économie au sein du cabinet de grande coalition. «Halte au fou», réagit en substance le président du DGB qui ajoute: «Alexis Tsipras n’a ni coupé les ponts ni jeté l’Europe dans les flammes comme certains l’affirment».

Le chef de file des syndicats allemands entend briser ainsi une nouvelle fois la réserve, traditionnelle dans la culture syndicale germanique, à l’égard du pouvoir politique – et singulièrement de la social-démocratie, Hoffmann, membre du SPD, répondant ici explicitement aux propos de Gabriel – pour dénoncer le choix d’un Grexit qui serait «fatal» à terme au projet européen et aurait rapidement «des conséquences funestes pour les salariés allemands.»

Le DGB (6,1 millions d’adhérents) tire, dans un communiqué confédéral, des conclusions diamétralement opposées à celles du gouvernement : «L’Europe, indique-t-il, ne doit pas continuer dans la voie des politiques d’austérité.» Les salariés allemands ont fait l’expérience des dégâts et des souffrances provoqués par le «modèle» antisocial initié par le chancelier Schröder, et le syndicat relève que ce sont «ces politiques-là qui ont échoué». «Un Grexit, conclue le DGB, serait une capitulation dont personne ne peut cerner les conséquences négatives à moyen et à long termes

Au Bundestag, Gregor Gysi (Die Linke) a utilisé tout son temps de parole de leader du principal parti d’opposition dans un long discours plein de gravité. Il s’est tourné tour à tour vers Angela Merkel, Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel, dénonçant l’irresponsabilité «à vouloir perpétuer une politique» qui a fait la preuve de son caractère empoisonné pour la Grèce, l’Allemagne et l’Europe. S’adressant directement à la chancelière à la fin de son intervention, il la mettait solennellement en garde devant les conséquences d’une expulsion de la Grèce hors de l’euro : «Vous avez entre les mains, lui a-t-il dit, la capacité de détruire ou de sauver l’Europe

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