Le doc­teur Fola­mour en roue libre à la Mai­son-blanche

États-Unis. En 2027, le bud­get militaire pour­rait atteindre les 1 500 mil­liards de dol­lars outre-atlan­tique. Une hausse de 50 % par rap­port à 2026, que Donald Trump assume dans une mon­tée en puis­sance de l’impé­ria­lisme.

Le 22 décembre 2025, depuis sa résidence en Floride, Donald Trump annonçait une nouvelle classe de navire de guerre à son nom.

Après l’inter­ven­tion au Vene­zuela et le kid­nap­ping du pré­sident Nico­las Maduro, le 3 jan­vier, Donald Trump ne laisse plus aucun doute sur sa volonté de régir le monde par la force en sti­mu­lant encore les capa­ci­tés mili­taires de l’impé­ria­lisme états-unien. Il a annoncé son inten­tion d’aug­men­ter de 50 % en 2027 un bud­get mili­taire des États-unis qui pos­sède déjà, avec près de 1 000 mil­liards de dol­lars (860 mil­liards d’euros), la par­ti­cu­la­rité de dépas­ser ceux cumu­lés des dix plus grandes autres puis­sances mili­taires de la pla­nète – Chine, Rus­sie, France, Royaume-uni et Alle­magne com­pris.

L’empire « US » dis­pose déjà d’un maillage de quelque 800 bases épar­pillées sur toute la pla­nète, dans les­quelles sont sta­tion­nés plus de 200 000 sol­dats. Le nou­vel objec­tif de l’oli­garque pré­sident est de mon­ter, l’an pro­chain, à quelque 1 500 mil­liards de dol­lars pour se doter de l’arse­nal le plus sophis­ti­qué jamais atteint.

Et Donald Trump d’invo­quer la néces­sité de « bâtir l’armée de rêve à laquelle nous avons droit depuis long­temps et, sur­tout, qui assu­rera notre sécu­rité, quel que soit l’ennemi » . Un tel sur­croît de dépenses en arme­ment condui­rait les États-unis à y consa­crer pas moins de 4,6 % de leur PIB. Une folie si l’on met en regard les efforts deve­nus de plus en plus urgents pour répondre à des défis vrai­ment exis­ten­tiels pour l’ave­nir de l’huma­nité, comme la lutte contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. D’autant que les nou­veaux engins de mort de plus en plus per­for­mants ne sont pas fran­che­ment, y com­pris dans leur mode de pro­duc­tion, des modèles de réduc­tion d’émis­sions de gaz à effet de serre. Mais c’est la géos­tra­té­gie atta­chée à cette for­mi­dable infla­tion de dépenses mili­taires qui est la plus pré­oc­cu­pante.

Le « dôme doré » à lui seul est estimé à à 175 mil­liards de dol­lars.

Pour atteindre une supré­ma­tie sans appel, Donald Trump annonce en effet la cou­leur : il entend doter son pays, voire l’ensemble du conti­nent nord-amé­ri­cain, Canada com­pris, d’un « dôme doré. » Enten­dez : la mise en place d’un bou­clier qui ren­drait le pays imper­méable à toute attaque d’ori­gine aérienne ou spa­tiale. Une démarche d’autant plus pré­oc­cu­pante que le Penta­gone déve­loppe, au même moment, une réflexion en faveur d’un usage bana­lisé des armes nucléaires. L’assu­rance de ne plus ris­quer aucune riposte du même niveau per­met en effet d’ouvrir cette pers­pec­tive à une super­puis­sance dési­reuse de régir le monde uni­la­té­ra­le­ment, en jouant de toutes les pos­si­bi­li­tés d’usage de la force.

Ce pro­jet de « dôme doré » a été chif­fré à 175 mil­liards de dol­lars à lui seul. Trump l’a déjà mis en route en 2025 puisqu’il va englou­tir quelque 25 mil­liards de dol­lars sur l’année fis­cale 2026. Quant au déploie­ment de nou­velles capa­ci­tés nucléaires, dont l’éven­tuel usage échap­pe­rait désor­mais au frein de la dis­sua­sion, il pas­se­rait par la construc­tion de super-des­troyers ato­miques au coût fara­mi­neux – à plus de 9 mil­liards de dol­lars pièce, selon les spé­cia­listes du Cen­ter for Stra­te­gic and Inter­na­tio­nal Stu­dies (Centre d’études inter­na­tio­nales et stra­té­giques). Dans son lan­gage méga­lo­ma­niaque carac­té­ris­tique, le pré­sident évoque « une flotte dorée » et des nou­veaux navires de « classe Trump ».

Autre source de dépenses accrues : le loca­taire de la Mai­son-blanche invoque le lan­ce­ment de chas­seurs bom­bar­diers de nou­velle géné­ra­tion. L’actuel F-35 du groupe Lock­heed Mar­tin serait pro­chai­ne­ment rem­placé par un F-47, comme… le 47e pré­sident des États-unis, à savoir Donald Trump. Lequel assure que toutes ces dépenses nou­velles seront finan­cées grâce aux nou­veaux droits de douane « et aux reve­nus colos­saux qu’ils géné­re­ront » .« Nous pou­vons ainsi faci­le­ment atteindre 1 500 mil­liards de dol­lars et consti­tuer une force mili­taire sans pré­cé­dent » , se réjouit-il.

Un avis que semble loin de par­ta­ger, aux État­sU­nis mêmes, le Comité pour un bud­get fédé­ral res­pon­sable ( CRFB). Cet orga­nisme réputé indé­pen­dant estime, en effet, qu’un bud­get mili­taire à 1 500 mil­liards de dol­lars en 2027 condui­rait à une aug­men­ta­tion de 5 000 mil­liards de ce type de dépenses « en cumulé d’ici à 2035 » . Ce qui alour­di­rait de quelque 5 800 mil­liards la charge déjà exor­bi­tante de la dette natio­nale.

La dette publique portée à un niveau record

Ce nou­veau sur­croît d’endet­te­ment ne pour­rait être obtenu qu’en drai­nant comme jamais les fonds inter­na­tio­naux à la recherche des pla­ce­ments les plus sûrs, et donc une bonne par­tie de l’épargne mon­diale, vers la place finan­cière états-unienne. Mais il va fal­loir pour cela inver­ser la ten­dance actuelle d’affai­blis­se­ment du billet vert, qui a perdu quelque 10 % de sa valeur au cours de l’année 2025.

Le bras de fer déjà si intense avec la Chine, les Brics (Bré­sil, Rus­sie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ou les États du Sud glo­bal, qui tentent de se libé­rer du dik­tat du dol­lar et de son sta­tut usurpé de mon­naie mon­diale, devrait donc être exa­cerbé. Ce contin­gent de pays défend devant les Nations unies le mul­ti­la­té­ra­lisme et le droit inter­na­tio­nal contre la loi du plus fort.

L’union euro­péenne, à l’inverse, s’est mise à l’avant-­garde de la si périlleuse course aux arme­ments, en ava­lant sans bron­cher les exi­gences de Donald Trump. Ses États membres ont ainsi décidé de por­ter leurs dépenses mili­taires jusqu’à 5 % de leur PIB au som­met de l’otan de juin 2025. Comme les États-unis, la France, l’alle­magne, la Pologne, l’ita­lie et L’UE, qui se sont livrées au nou­vel engre­nage atlan­tiste trum­pien, pra­tiquent la sur­en­chère en matière de dépenses d’arme­ments, ration­nant gra­ve­ment leurs bud­gets pour la Sécu­rité sociale, la santé, les ser­vices publics ou le cli­mat.

Des deux côtés de l’atlan­tique, une mon­tée en puis­sance des mobi­li­sa­tions contre ces logiques bel­li­queuses s’avère ainsi plus néces­saire que jamais. Face aux efforts stra­té­giques de Washing­ton pour rendre pos­sible l’éven­tuel recours uni­la­té­ral à la force ato­mique, l’ini­tia­tive inter­na­tio­nale pour le désar­me­ment et l’inter­dic­tion des armes nucléaires alerte contre les pro­jets du doc­teur Fola­mour en poste à la Mai­son-blanche et entend mul­ti­plier, en Europe comme aux États-unis, les ren­dez-vous pour sau­ver la paix en même temps que l’ave­nir de l’huma­nité.

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