États-Unis. En 2027, le budget militaire pourrait atteindre les 1 500 milliards de dollars outre-atlantique. Une hausse de 50 % par rapport à 2026, que Donald Trump assume dans une montée en puissance de l’impérialisme.
Après l’intervention au Venezuela et le kidnapping du président Nicolas Maduro, le 3 janvier, Donald Trump ne laisse plus aucun doute sur sa volonté de régir le monde par la force en stimulant encore les capacités militaires de l’impérialisme états-unien. Il a annoncé son intention d’augmenter de 50 % en 2027 un budget militaire des États-unis qui possède déjà, avec près de 1 000 milliards de dollars (860 milliards d’euros), la particularité de dépasser ceux cumulés des dix plus grandes autres puissances militaires de la planète – Chine, Russie, France, Royaume-uni et Allemagne compris.
L’empire « US » dispose déjà d’un maillage de quelque 800 bases éparpillées sur toute la planète, dans lesquelles sont stationnés plus de 200 000 soldats. Le nouvel objectif de l’oligarque président est de monter, l’an prochain, à quelque 1 500 milliards de dollars pour se doter de l’arsenal le plus sophistiqué jamais atteint.
Et Donald Trump d’invoquer la nécessité de « bâtir l’armée de rêve à laquelle nous avons droit depuis longtemps et, surtout, qui assurera notre sécurité, quel que soit l’ennemi » . Un tel surcroît de dépenses en armement conduirait les États-unis à y consacrer pas moins de 4,6 % de leur PIB. Une folie si l’on met en regard les efforts devenus de plus en plus urgents pour répondre à des défis vraiment existentiels pour l’avenir de l’humanité, comme la lutte contre le réchauffement climatique. D’autant que les nouveaux engins de mort de plus en plus performants ne sont pas franchement, y compris dans leur mode de production, des modèles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Mais c’est la géostratégie attachée à cette formidable inflation de dépenses militaires qui est la plus préoccupante.
Le « dôme doré » à lui seul est estimé à à 175 milliards de dollars.
Pour atteindre une suprématie sans appel, Donald Trump annonce en effet la couleur : il entend doter son pays, voire l’ensemble du continent nord-américain, Canada compris, d’un « dôme doré. » Entendez : la mise en place d’un bouclier qui rendrait le pays imperméable à toute attaque d’origine aérienne ou spatiale. Une démarche d’autant plus préoccupante que le Pentagone développe, au même moment, une réflexion en faveur d’un usage banalisé des armes nucléaires. L’assurance de ne plus risquer aucune riposte du même niveau permet en effet d’ouvrir cette perspective à une superpuissance désireuse de régir le monde unilatéralement, en jouant de toutes les possibilités d’usage de la force.
Ce projet de « dôme doré » a été chiffré à 175 milliards de dollars à lui seul. Trump l’a déjà mis en route en 2025 puisqu’il va engloutir quelque 25 milliards de dollars sur l’année fiscale 2026. Quant au déploiement de nouvelles capacités nucléaires, dont l’éventuel usage échapperait désormais au frein de la dissuasion, il passerait par la construction de super-destroyers atomiques au coût faramineux – à plus de 9 milliards de dollars pièce, selon les spécialistes du Center for Strategic and International Studies (Centre d’études internationales et stratégiques). Dans son langage mégalomaniaque caractéristique, le président évoque « une flotte dorée » et des nouveaux navires de « classe Trump ».
Autre source de dépenses accrues : le locataire de la Maison-blanche invoque le lancement de chasseurs bombardiers de nouvelle génération. L’actuel F-35 du groupe Lockheed Martin serait prochainement remplacé par un F-47, comme… le 47e président des États-unis, à savoir Donald Trump. Lequel assure que toutes ces dépenses nouvelles seront financées grâce aux nouveaux droits de douane « et aux revenus colossaux qu’ils généreront » .« Nous pouvons ainsi facilement atteindre 1 500 milliards de dollars et constituer une force militaire sans précédent » , se réjouit-il.
Un avis que semble loin de partager, aux ÉtatsUnis mêmes, le Comité pour un budget fédéral responsable ( CRFB). Cet organisme réputé indépendant estime, en effet, qu’un budget militaire à 1 500 milliards de dollars en 2027 conduirait à une augmentation de 5 000 milliards de ce type de dépenses « en cumulé d’ici à 2035 » . Ce qui alourdirait de quelque 5 800 milliards la charge déjà exorbitante de la dette nationale.
La dette publique portée à un niveau record
Ce nouveau surcroît d’endettement ne pourrait être obtenu qu’en drainant comme jamais les fonds internationaux à la recherche des placements les plus sûrs, et donc une bonne partie de l’épargne mondiale, vers la place financière états-unienne. Mais il va falloir pour cela inverser la tendance actuelle d’affaiblissement du billet vert, qui a perdu quelque 10 % de sa valeur au cours de l’année 2025.
Le bras de fer déjà si intense avec la Chine, les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ou les États du Sud global, qui tentent de se libérer du diktat du dollar et de son statut usurpé de monnaie mondiale, devrait donc être exacerbé. Ce contingent de pays défend devant les Nations unies le multilatéralisme et le droit international contre la loi du plus fort.
L’union européenne, à l’inverse, s’est mise à l’avant-garde de la si périlleuse course aux armements, en avalant sans broncher les exigences de Donald Trump. Ses États membres ont ainsi décidé de porter leurs dépenses militaires jusqu’à 5 % de leur PIB au sommet de l’otan de juin 2025. Comme les États-unis, la France, l’allemagne, la Pologne, l’italie et L’UE, qui se sont livrées au nouvel engrenage atlantiste trumpien, pratiquent la surenchère en matière de dépenses d’armements, rationnant gravement leurs budgets pour la Sécurité sociale, la santé, les services publics ou le climat.
Des deux côtés de l’atlantique, une montée en puissance des mobilisations contre ces logiques belliqueuses s’avère ainsi plus nécessaire que jamais. Face aux efforts stratégiques de Washington pour rendre possible l’éventuel recours unilatéral à la force atomique, l’initiative internationale pour le désarmement et l’interdiction des armes nucléaires alerte contre les projets du docteur Folamour en poste à la Maison-blanche et entend multiplier, en Europe comme aux États-unis, les rendez-vous pour sauver la paix en même temps que l’avenir de l’humanité.



