Le budget XXL de Trump va-t-il ébranler le dollar, instrument clé de l’impérialisme US ?

Avec ses giga dépenses budgétaires, faites de cadeaux fiscaux aus plus riches et de dépenses militaires à 1000 milliards, Donald Trump va porter la dette de son pays à des niveaux jamais enregistrés. Va-t-il aller jusqu’à ébranler le billet vert et miner les fondements de sa suprématie sur le système monétaire et financier international ?

Le budget XXL qu’a fait ratifier Donald Trump par le Congrès avec ses cadeaux fiscaux aux très riches et aux multinationales, comme avec sa fuite en avant dans un budget militaire à 1 000 milliards de dollars (contre 842 milliards pour la période précédente), va faire battre les records d’endettement aux États-Unis

Selon toutes les projections, la dette publique qui atteint déjà des sommets himalayesques à plus de 37 000 milliards de dollars devrait grimper de 3 000 à 4 000 milliards supplémentaires sur les prochaines années. De quoi déclencher une crise, voire un krach obligataire à relativement court terme. Les obligations sont en effet ces bons du Trésor avec lesquels se finance l’État fédéral. Mais les épargnants du monde entier menacent aujourd’hui de se détourner de la devise états-unienne qui perd toujours plus de sa réputation de valeur refuge.

Le dollar dispose d’un statut très particulier depuis le débuts des années 1970. Le président républicain d’alors, Richard Nixon, a imposé, avec l’accord des États occidentaux du G 7, qu’il devienne le pivot du système monétaire pour acquérir, de fait, un statut de monnaie commune mondiale. Nixon a conçu ce dispositif pour répondre aux coûts astronomiques de la guerre du Vietnam.

Un endettement aggravé comme jamais

Depuis lors, les États-Unis peuvent s’endetter non plus simplement à leurs frais mais en aspirant l’épargne du reste de la planète. « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème », a pu lâcher, à juste titre et avec un sens accompli du cynisme, John Bowden Connally, secrétaire au Trésor entre 1971 et 1972.

Washington utilise sa monnaie comme un moyen de domination sur le reste de la planète avec une efficacité au moins équivalente à celle que lui fournissent son immense armada et ses 800 bases militaires réparties sur la planète. Mais le système monétaire international, centré donc sur le billet vert, affiche aujourd’hui ses limites, pris en étau entre les déficits dits jumeaux, budgétaires et commerciaux, des États-Unis et les résistances accrues des pays dits émergents et du Sud global.

Donald Trump n’a guère apprécié. Selon son mode imperator habituel, il a aussitôt brandi son arme fétiche des droits de douane. Il a menacé de relever ceux-ci de 10 % pour tout pays qui serait par trop ouvert aux exigences de libération du système monétaire international formulées par les Brics.