Ces F-35 qui illustrent le virage super-atlantiste de Berlin

Faisant le choix d’une allégeance sur-armée à la Maison-Blanche, le gouvernement d’Olaf Scholz se fournira auprès de l’états-unien Lockheed Martin pour renouveler sa flotte de chasseurs-bombardiers.

L’Allemagne confirme le contenu superatlantiste du virage entamé fin février, avec la dotation supplémentaire de 100 milliards d’euros accordée à la Bundeswehr – l’armée allemande. Berlin a passé un accord de principe avec l’avionneur états-unien Lockheed Martin pour une commande de trente-cinq F-35, le chasseur- bombardier dernier cri de l’armée américaine. Selon les estimations, il lui en coûterait la bagatelle de 15 milliards d’euros. Ces appareils sont destinés à remplacer les vieux Tornado de l’ar- mée de l’air allemande pour assurer sa mission dite de participation nucléaire au sein de l’Otan. Il s’agit pour l’Al- lemagne d’être en mesure d’envoyer sur zone, au cas où le commandement en chef de Washington et de ses alliés le déciderait, des avions capables d’y transporter et d’y lâcher les bombes atomiques états-uniennes B-61, stockées à Büchel (Rhénanie-Palatinat).

Une Allemagne soumise à la géopolitique des Etats-Unis

Cette annonce jette, pour le moins, un froid sur le projet de «défense eu- ropéenne » présenté par Emmanuel Macron aux 27, il y a quelques jours à Versailles, comme une garantie d’au- tonomie de l’UE. Même si le président français présente, à chacune de ses in- terventions, son projet comme « com- plémentaire », et non pas concurrent, de l’Alliance atlantique, le message adressé par Berlin est sans ambiguïté. Il prend le parti d’une Otan surarmée et encore plus étroitement soumise à la géopolitique des États-Unis. Ainsi,Dassault et les autres marchands d’armes français ne seront-ils pas les principaux bénéficiaires d’un « tournant militaire allemand », si apprécié de nombre de chroniqueurs hexagonaux. Le super-atlantisme de Berlin bénéficiera surtout aux firmes d’outre Atlantique comme Lockheed Martin.

On voit mal comment le projet européen de Système de combat aérien du futur (Scaf), dont Paris continue de faire grand cas, pourrait sortir un jour des cartons. Impulsé par Paris, Madrid et Berlin, il devait permettre l’ébauche d’un avion de combat ultraperformant à l’horizon 2040, avec Airbus et Dassault en position de copilotes. Pour les autorités allemandes, le commandant en chef du surarmement occidental, c’est Joe Biden et personne d’autre.

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