En Allemagne, un premier président d’assemblée régionale d’extrême droite depuis 1945

Version non censurée de l’article diffusé sur le site internet de l’humanité du 7 octobr

Tobias Rausch, dirigeant de l’AfD a été élu ce 6 octobre président de l’assemblée du Land de Saxe-Anhalt. Une première pour l’extrême droite depuis 1945.

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La nouvelle assemblée du Land de Saxe-Anhalt a élu à sa tête ce 6 octobre Tobias Rausch, un député régional et dirigeant du parti d’extrême droite AfD. Lors de l’élection du 6 septembre, son parti avait défrayé la chronique européenne en arrivant largement en tête du scrutin avec près de 44 % des suffrages. Il dispose ainsi de quelque 39 sièges dans le nouveau Landtag et manque d’atteindre la majorité absolue de seulement 3 sièges.

Même s’il ne s’agit pas encore de la désignation du nouveau chef de l’exécutif régional et ministre-président, cette élection revêt une terrible dimension symbolique. Elle constitue en effet une première dans l’histoire de la République fédérale, où jamais jusqu’ici aucun poste de ce type n’a été occupé par un représentant de l’extrême droite.

Une règle stricte observée par tous les partis de l’arc démocratique prévoit de former un « cordon sanitaire », « Brandmauer » en allemand ou pare-feu antifasciste, pour maintenir systématiquement tous les postes de responsabilité politique hors d’atteinte de l’extrême droite.

Or ce front politique qui disposait potentiellement d’une étroite majorité a été délibérément brisé par le petit parti (BSW) qui porte le nom de Sahra Wagenknecht. L’ex-dissidente de Die Linke, porteuse d’une ligne populiste, souverainiste et dégagiste, a fait part de son hostilité au cordon sanitaire et a soutenu avec les 5 députés régionaux de BSW, l’élection de Rausch.

Bientôt une majorité absolue ?

Ayant obtenu 48 voix, soit 4 de plus que l’AfD et BSW réunis, Tobias Rausch peut se prévaloir d’avoir également bénéficié de soutiens issus de trublions des autres partis (CDU, SPD ou Verts). Ce qui a conduit les dirigeants de l’AfD à fanfaronner autour de leurs « capacités de rassembler dans l’intérêt de tous. »

La Saxe-Anhalt va continuer de retenir toute l’attention outre-Rhin dans les prochaines semaines où doit avoir lieu, cette fois, l’élection du ministre-président du Land. Mais ce scrutin-là s’annonce plus compliqué car BSW, le parti de Wagenknecht, a refusé de former une véritable coalition avec l’AfD et a fait part de son intention de s’abstenir pour privilégier éventuellement un dialogue au coup par coup avec le nouvel exécutif régional.

Ulrich Sigmund pourrait ainsi être élu au troisième tour d’un scrutin où une majorité absolue n’est plus nécessaire et diriger le Land à la tête d’un gouvernement minoritaire soutenu sur certains dossiers par BSW. Mais le très nationaliste patron de l’AfD laisse entendre qu’il pourrait bénéficier malgré tout, comme lors du vote de ce 6 octobre, d’une majorité absolue grâce à l’appui de quelques dissidents de la CDU.

Il n’empêche, Sigmund paraît d’ores et déjà assuré d’accéder à la plus haute fonction dans le Land grâce à la complaisance de Wagenknecht. L’ex chef du groupe Die Linke au Bundestag reste fortement marquée à gauche, n’a-telle pas créé « Aufstehen » (Debout) un mouvement sur le modèle de la France insoumise et ne fut-elle pas jusqu’au tournant des années 2020 la partenaire proclamée du tribun français, Jean Luc Mélenchon.

N’ayant pas réussi à franchir la barre sélective des 5 % dans les deux autres scrutins régionaux de ce mois de septembre, elle a perdu fort heureusement de sa capacité de nuisance.

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