Election en Saxe: l’Allemagne n’échappe pas à la contagion nationaliste

La percée de l’extrême droite anti-euro à l’occasion de l’élection du Land de Saxe dimanche 31 août confirme combien la dérive nationaliste et populiste qui touche une Europe ébranlée par l’application des dogmes austéritaires n’épargne pas le pays « modèle » en la matière.

Si le Parti chrétien-démocrate (CDU) d’Angela Merkel arrive avec 39,4% des voix (– 0,8 % sur le scrutin de 2009) en tête des élections de Saxe du dimanche 31 août et va pouvoir maintenir Hans Tillich, le ministre-président sortant, à la tête du Land, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), la formation d’extrême droite anti-euro, apparaît comme le véritable vainqueur du scrutin. En réalisant 9,7% des voix, le parti, créé seulement il y a seize mois, entre pour la première fois dans le parlement d’un Land. Après le succès enregistré aux européennes (8% et 7 eurodéputés), après l’élection du Bundestag en 2013 où il a flirté avec la barre qualificative des 5% (4,7%), l’AfD s’impose dans le paysage politique. Il bénéficie de l’écroulement confirmé de la droite libérale (FDP), qui échoue largement sous la barre des 5% (seulement 3% aujourd’hui contre 10% en 2009). Ce résultat, assorti d’un nouveau record d’abstention (50,8%), traduit la profondeur du malaise qui hante une société où les inégalités ont explosé, près d’un quart des salariés saxons étant soumis au régime précaire imposé par les réformes Hartz.
La montée des populo-nationalistes qui prônent la sortie de l’euro et affichent leur hostilité aux immigrés, est d’autant plus préoccupante que le Parti national (NPD), formation ouvertement néonazie, comptabilise 4,95% des voix et manque de peu son entrée au parlement régional.

Seul objet de consolation, Die Linke (18,9%) demeure la seconde force politique de ce Land d’Allemagne orientale, malgré une légère érosion (– 1,7 %), largement devant le SPD à 12,4% (+ 2 %). La disparition au parlement du FDP, partenaire de droite de la CDU dans le gouvernement sortant, devrait contraindre le ministre-président Hans Tillich à chercher à former une grande coalition avec le SPD à Dresde, comme Merkel l’a fait au plan national à Berlin.

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