Fort regain de langueur sur la zone euro

La reprise en Europe s’annonce encore plus poussive qu’envisagé initialement. Confrontée à la persistance des menaces de déflation la Banque Centrale Européenne (BCE) a révisé à la baisse jeudi 3 septembre ses prévisions de croissance et de hausse des prix. Elle se dit prête à de nouvelles injections de liquidités.

Le spectre de la déflation hante toujours l’Europe. Depuis le déclenchement d’un «quantitativ easing» (injections de 60 milliards d’’euros tous les mois sur les marchés) par la Banque Centrale Européenne (BCE) en mars dernier on pensait dans les états-majors des capitales européennes que serait rapidement enrayée cette spirale de baisse des prix et des salaires dont la conséquence est de précipiter l’économie dans la dépression. Patatras, 5 mois plus tard les signes d’un regain de langueur de la zone euro prennent une dimension si manifeste qu’ils ont obligé la BCE à réviser à la baisse, jeudi 3 septembre, ses prévisions de croissance antérieures et à annoncer qu’elle pourrait encore amplifier ses injections déjà massives de liquidités sur les marchés.

Mario Draghi, le président de la BCE, a prévenu que l’inflation en zone euro risquait de revenir en territoire négatif au cours des prochains mois. Ce qui souligne combien le risque de déflation est toujours pressant. Même si le Président de la BCE estime que la baisse des prix devrait constituer « un phénomène temporaire » alimenté par la chute des prix du pétrole. Mais l’évolution des prix du brut pourrait être considérée au contraire comme un moyen de stimuler l’activité. En fait, si les prix et l’activité de la zone euro restent en panne c’est que celle-ci est rongée par un mal chronique profond: les politiques d’austérité.

La BCE ne prévoit plus qu’une hausse des prix de 0,1% en 2015 (contre 0,3% antérieurement). Elle a abaissé ses prévisions pour 2016 à 1,1% ( contre 1,5% jusqu’ici) et à 1,7% en 2017 (1,8%). Elle a révisé également à la baisse ses anticipations de croissance : à 1,4% cette année (contre 1,5%), 1,7% en 2016 (contre 1,9%) et 1,8% en 2017 (contre 2%). Et Mario Draghi n’a pas fait mystère que des risques pesaient « encore sur ces nouvelles prévisions».

Draghi a assuré qu’en conséquence la BCE serait prête à rajouter encore aux quelques 1200 milliards d’euros qui doivent être déversés au total sur les marchés d’ici septembre 2016. Précisant qu’il n’y aurait « pas spécialement de limites » à l’exercice.

L’inefficacité patente de mesures qui consiste à faire fonctionner la planche à billets, mais strictement au bénéfice des marchés financiers, souligne l’urgence à réviser radicalement cette politique monétaire. Pour que la banque centrale puisse financer à taux quasi nul non plus les banques et les spéculateurs mais l’emploi, la formation, les services publics. En tournant donc le dos aux logiques austéritaires mortifères de l’ordo-libéralisme européen.

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