Autriche: la cour constitutionnelle annule la présidentielle

L’Union Européenne, minée par l’austérité, n’en finit plus d’être rattrapée par le syndrome nationaliste. Après le Brexit, la décision prise ce vendredi midi par la cour constitutionnelle autrichienne d’annuler le second tour de l’élection présidentielle du 22 mai, pourrait donner un nouvel élan aux forces centrifuges xénophobes qui instrumentalisent un profond désarroi fondé sur la « mal-vie » des milieux populaires.

Article publié par l’humanité.fr le 1er juillet.

Le deuxième tour de l’élection présidentielle « doit être de nouveau organisé dans toute l’Autriche », a annoncé ce vendredi 1er juillet, Gerhart Holzinger, président de la plus haute juridiction du pays lors de la lecture de la décision. Le tribunal constitutionnel annule le scrutin après avoir constaté des irrégularités «patentes» qui peuvent avoir donné lieu « à des manipulations » sans cependant que celles-ci n’aient pu être « clairement établies comme des fraudes.» Le 22 mai dernier, lors du second tour du scrutin, le candidat vert, Alexander Van der Bellen, l’avait emporté d’un cheveu (par 50,3% des voix et seulement 30 000 voix d’avance) sur son homologue du parti libéral (FPÖ, extrême droite), Norbert Hofer.

Le tribunal avait été saisi d’un recours du FPÖ sur des irrégularités dans le décompte des votes par correspondances. Selon le tribunal de nombreux témoignages confirment ces irrégularités portant sur « plusieurs dizaines de milliers » de bulletins et le conduisent donc à annuler le scrutin. Une nouveau second tour de la présidentielle devrait donc avoir lieu à l’automne. L’intérim à la tête de l’état sera assuré par la présidence de la chambre basse du parlement autrichien.

Le premier tour du scrutin avait été marqué par un immense désaveu des partis de la grande coalition, socialistes et chrétiens démocrates ( SPÖ/ÖVP) au pouvoir depuis 9 ans. Les mesures de flexibilisation du marché du travail censées mettre les entreprises du pays à la hauteur des défis européens du moment en matière de compétitivité ont accentué le désarroi des populations et joué en faveur des joueurs de flûtes nationalistes, passés maîtres dans l’art de détourner la colère populaire vers les migrants boucs émissaires.

« Les attaques contre les droits sociaux d’une majorité de la population, présentées comme d’indispensables réformes structurelles, portent une responsabilité considérable dans la dégradation du climat politique», avait relevé le sociologue viennois Jörg Flecker, qui a enquêté sur la précarisation des emplois dans le secteur public. Le syndrome du «modèle» ordo-libéral, qui a déjà infecté du virus nationaliste une bonne partie de l’Europe, fournissait ainsi une nouvelle preuve de sa capacité de nuisance et de l’immense danger qu’il fait courir au continent.

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