Résistances au bannissement raciste, dernier oukase de Donald Trump

trumpetatsunismanifdecret_0Le décret Trump interdisant l’accès des États-Unis à tous les ressortissants de sept pays musulmans soulève une indignation mondiale et se heurte à de fortes résistances locales.

Le dernier en date des décrets anti-immigration que Donald Trump a dégainés à la fin de la semaine dernière suscite indignation et résistances. Le texte, qui prétend organiser « la protection de la nation contre l’entrée des terroristes étrangers aux États-Unis », interdit purement et simplement l’accès du territoire états-unien aux ressortissants de sept pays musulmans (Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan et Somalie).

Après la validation de la construction d’un mur anti-migrants le long de la frontière mexicaine, ce nouvel oukase de la Maison-Blanche a été mis en application immédiatement. Ce qui a provoqué une certaine pagaille dans les aéroports, des dizaines de passagers originaires des pays incriminés se voyant refoulés alors qu’ils disposaient de tous les documents légaux indispensables à leur voyage. En Ubu roi, aussi  inflexible que taraudé d’idées fixes, Donald Trump montre ainsi sa détermination à faire de ses diatribes de campagne xénophobes un mode de gouvernement. On ne saurait définir si l’opération a été décidée au risque de – ou en raison du désir de – provoquer ses concitoyens les plus attachés au respect de la démocratie et le reste du monde.

Mobilisation des défenseurs des droits de l’homme

Aux États-Unis, cette politique du bannissement mise en œuvre par le nouveau locataire de la Maison-Blanche a soulevé une réaction immédiate de défenseurs des droits de l’homme, d’associations progressistes et de simples citoyens inquiets. Plusieurs centaines d’entre eux se sont organisés spontanément pour manifester devant les grands aéroports. L’une des principales associations pour la défense des libertés civiles (l’Aclu) a réussi à entamer illico une procédure juridique contre le décret, et donc à ­empêcher certaines des expulsions déjà engagées.

Après une audition d’urgence, samedi soir, l’Aclu a pu en effet à obtenir qu’une juge fédérale, Ann Donnelly, reconnaisse le besoin d’examiner la conformité du décret Trump avec les garanties inscrites dans la Constitution états-unienne. Le 5e amendement du texte fondamental stipule que toute remise en cause d’un statut (des migrants ou des voyageurs), considéré jusqu’alors comme légal, ne peut être décidée arbitrairement par le gouvernement et nécessite donc une décision judiciaire. Après la décision de la juge, les manifestants anti-racistes disposent de quelques semaines avant l’examen de l’appel qu’ont aussitôt formulé les sbires du Président.

Les défenseurs des droits de l’homme ont lancé le signal de la mobilisation après l’interpellation de deux Irakiens, vendredi soir, à l’aéroport J.-F. Kennedy à New York. Celle-ci mettait brusquement en lumière le caractère aussi insupportable qu’absurde des décisions présidentielles, puisque les deux hommes inquiétés détenaient des visas d’immigration en bonne et due forme et avaient été associés au… gouvernement états-unien en Irak. Dans le reste du monde, cette gouvernance par l’arbitraire xénophobe a suscité aussi de nombreuses ­réactions de colère.

La France s’est dite inquiète

Interrogée par l’AFP, une jeune Iranienne, empêchée samedi soir de s’envoler pour les États-Unis, s’interrogeait : « Ils ont un problème avec les musulmans, mais pourquoi n’ont-ils pas interdit les ressortissants d’autres pays comme les Émirats arabes unis, le Qatar ou l’Arabie saoudite ? » Cette candidate à l’immigration avait obtenu sa carte verte (permis de séjour officiel aux États-Unis) en octobre après quatorze ans d’attente.

De nombreuses personnalités étrangères soulignent, à juste titre, combien la décision de Trump va avoir l’effet inverse de son objectif proclamé de lutte contre le terrorisme. Téhéran a haussé le plus le ton. Chacun se souvient naturellement, dans la capitale iranienne, des déclarations incendiaires du candidat Trump se faisant fort d’annihiler l’accord sur le nucléaire conclu par la précédente administration. Négocié et signé, outre les Etats-Unis,  par cinq autres grandes puissances ( Chine, Russie, Allemagne, France et  Royaume Uni), il instaurait un processus de détente historique dans une région où l’Iran joue désormais un rôle clé dans le combat contre l’Etat Islamique.

En Europe, la chancelière allemande, Angela Merkel, a jugé « pas justifiées » les restrictions systématiques à l’immigration des musulmans et déploré « de placer sous une suspicion ­généralisée des gens en fonction de leur origine ou de leur croyance ». Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s’est dit « très inquiet » d’une mesure qui remet en cause, de fait, les « accords ­internationaux sur les droits de réfugiés ».

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